|
Le ginseng a été découvert au
Canada en 1716 par le père Joseph Francis Lafitau, un missionnaire québecois
parmi le peuple iroquois, cela grâce à l'aide du frère Jartoux, un jésuite
rattaché à la cour de l'Empereur de Chine qui lui envoya une description
exacte du ginseng oriental (Panax Ginseng dont le nom est une combinaison du mot
latin "panacea" et des mots chinois "essence de l'homme" ,
"racine de vie" ou "image de l'homme") (Strauss, 1975).
Au XVIIe siècle, le ginseng était si abondant qu'il venait
tout de suite après les fourrures dans l'économie de la Nouvelle-France.
Mais la cueillette commerciale et les pertes d'habitats ont fait péricliter
les populations sauvages. Au Québec, l'espèce ne compte plus
que quelques dizaines de colonies naturelles qui totalisent tout au plus
10 000 individus. L'exportation du ginseng est maintenant contrôlée
en vertu de la Convention sur le commerce international des espèces
de faune et de flore sauvages en danger.
Pour approvisionner les marchés asiatiques, des provinces comme l'Ontario
et la Colombie Britannique cultivent maintenant le ginseng dans des champs.
Comme il s'agit d'une plante de sous-bois qui exige de 70 % à 80
% d'ombre, sa culture au champ nécessite l'installation d'ombrières
en polythène ou en lattes de bois. Afin de rentabiliser ces coûteuses
installations, les producteurs maintiennent une densité élevée
de semis, ce qui favorise les maladies. Pour protéger leurs
investissements, les producteurs utilisent beaucoup de fongicides et d'insecticides. Le résultat est que le ginseng, recherché
pour ses vertus médicinales, est bourré de produits chimiques.
|