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L’aventure a commencé en 2005 lorsque nous avons décidé de venir habiter la campagne.
La campagne pour moi restait un souvenir d’enfance.
Un petit village dans la montagne, dans lequel on pouvait encore croiser vaches, moutons, chèvres et où chacun avait encore ses poules.
2 fois par année, le village était traversé par les transhumances. Au printemps pour monter les moutons dans les pâturages et à l’automne pour les redescendrent dans la vallée. La route, sur plusieurs kilomètres, devenait un torrent de moutons, un écheveau de laine sans fin. Les cris des bergers se mêlaient aux bêlements et aux tintements des cloches, aux aboiements des chiens, dans une cacophonie presque harmonieuse. Cette cacophonie ne perturbait absolument pas les ânes chargés qui; d’un pas sûr et tranquille avançaient au milieu de ce torrent. Ces grandes oreilles si calmes et paisibles dans ce brouhaha; me fascinaient. C’est sans aucun doute un de ces jours-là que je me suis déclarée solennellement : « Moi, quand je serai grande, j’aurai un âne! » Puis j’ai oublié.
Nous avons réalisé notre rêve et acheté une terre, 40 acres de bois et autant de champs. Le bois n’avait pas été nettoyé depuis le verglas de 1998 et au cours de nos promenades quotidiennes nous avons remarqué les dégâts que nos voisins causaient en traversant nos terres avec leurs motoneiges, quatre roue et autres tracteurs.
Notre but étant de créer une ferme écologique, autonome; tout en protégeant la flore et la faune, nous avons pris la décision que nous circulerions le moins possible avec le tracteur. Après avoir interdit aux voisins de passer sur nos terres avec tout véhicule à moteur, une question essentielle nous est apparue.
Oui, ben comment on fait pour nettoyer les bois, faire les cueillettes des pommes, raisins, petits fruits et fleurs sauvages. Comment allons nous nous y prendre dans tous les endroits où Bob le tracteur ne peut aller.
La réponse nous est arrivée simple et évidente.
Qui peut passer dans des endroits étroits, embroussaillés, escarpés?
Qui peut porter des paniers, tirer des rondins, tirer la charrue; tout cela paisiblement, gentiment, avec tendresse et dévouement ?
Un âne !
Il n’y qu’un âne qui peut nous aider.
Nous avons donc commencé les recherches. Où trouver un âne au Québec ?
Et nous avons découvert le magnifique site du « Val à l’âne ». Il foisonne de renseignements, de conseils, et nous rappel que l’âne ici est bien mal-en-point. Christian n’ayant pas d’ânes à vendre à cette époque, et se trouvant à plus de 3 heures de chez nous, nous avons regardé les petites annonces.
Fort de nos recherches et apprentissages théorique, nous voulions 2 ânes pour éviter déprime et ennui. Dans notre journal local en mai, paraît une annonce, d'une ânesse et sa petite à vendre.
Comme c'est à 15km de chez nous allons voir.
Là nous découvrons 1 dizaine d'ânes. Plus où moins en santé, élevés parmi les boeufs, certains avec un double collier de graisse et des santiags en guise de sabots.
Planquée au fond du champ sans ombre, une ânesse et 2 bébés nous tournent le dos. Pour les faire venir le fermier prend un sceau de moulée pour bœufs. Gourmande, la mère accourt tout de suite; elle parait en forme malgré un dos un peu creux et bien sûr les sabots beaucoup trop longs, sa petite a à peine 1an 1/2 et déjà lui ressemble. Elles sont suivies d'une autre jeune ânesse avec encore sont poil de bébé qui a grandit dans son licou, les marques sur le museau en attestant. La pauvre s’accroche à la maman puisque la sienne a été vendue.
Dans la grange se trouve un superbe jeune âne marron, attaché à une chaîne pas plus longue que 4 pieds. Il nous appelle et quand je m’approche il glisse son museau sous mon bras et me regarde avec un regard très doux.
Suite à notre visite nous sommes perdus; 4 ânes pour des gens qui n'y connaissent pas grand-chose c'est peut-être beaucoup.
Vous le croirez ou non; mais avec des :
" On ne peu pas laisser la 2ème petite toute seule", "On ne peu pas laisser ce pauvre âne attaché",
"Que vont-ils devenir? "
Aujourd’hui nous sommes les heureux compagnons de 4 grosses peluches, curieuses, câlines et farceuses qui ne demandent qu’à nous aider.
Capucine (la maman) Mimosa (sont bébé) Cléo (le deuxième bébé) et Charlot (l'étalon attaché.)
À grand renfort des conseils que nous trouvons sur le site du « val à l’âne » et autres nous avons aménagé une asinerie, fait un enclos; pas trop loin pour qu’ils nous voient, déjà agrandi trois fois.
Fait venir un vétérinaire car ils étaient couverts de poux; puis nous avons trouvé un maréchal ferrant; spécialiste des zèbres et ânes (nous habitons près du parc Safari). Bien évidement nos ânes ne connaissaient, ni l'un ni l'autre.
L’aventure continue car aujourd’hui il faut leur apprendre à travailler.
Et je peux me déclarer enchantée :
« Moi, quand je suis grande, j’ai 4 ânes ».
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